LPP et travailleurs frontaliers : ce qu'il faut savoir
Les travailleurs frontaliers qui exercent leur activité en Suisse tout en résidant dans un pays voisin (France, Allemagne, Italie, Autriche) sont soumis à la LPP au même titre que les résidents suisses. Leur situation présente cependant des particularités importantes à connaître.
Qui est considéré comme frontalier ?
Un travailleur frontalier est une personne qui réside dans un pays voisin de la Suisse et qui travaille en Suisse. En vertu des accords bilatéraux entre la Suisse et l'Union européenne (Accord sur la libre circulation des personnes), les frontaliers sont affiliés au système de sécurité sociale du pays où ils travaillent.
Cela signifie qu'un frontalier qui travaille en Suisse est soumis à l'AVS, à l'assurance chômage et à la LPP suisses — et non au système de retraite de son pays de résidence pour la partie liée à son activité en Suisse.
Affiliation à la LPP
Dès que le salaire annuel d'un frontalier dépasse le seuil d'entrée LPP (CHF 22 680 dès 2025), l'affiliation à la caisse de pension de l'employeur est obligatoire. Les cotisations sont identiques à celles d'un salarié résidant en Suisse.
Chiffres 2024
Seuil d'entrée LPP : CHF 22 680 · Déduction de coordination : CHF 26 460 · Salaire coordonné maximum : CHF 64 260
Retrait des avoirs : les règles selon le pays
Lorsqu'un frontalier quitte définitivement le marché du travail suisse, ses droits au retrait de son 2e pilier dépendent de son pays de résidence.
- Pays UE/AELE (France, Allemagne, Italie, Autriche…) : la partie obligatoire LPP ne peut pas être retirée en capital — elle doit rester bloquée jusqu'à l'âge de la retraite ou être convertie en rente. La partie surobligatoire peut en revanche être retirée.
- Pays hors UE/AELE : le retrait intégral de l'avoir (partie obligatoire et surobligatoire) est en principe possible.
- Retour dans le pays de résidence sans quitter définitivement le travail suisse : aucun retrait n'est possible, seul un transfert vers une fondation de libre passage est autorisé.
Implications fiscales
Le retrait du 2e pilier est soumis à un impôt à la source prélevé en Suisse. Le taux varie selon le canton de domicile de la fondation de libre passage et le montant retiré, généralement entre 5 % et 15 %.
Dans le pays de résidence, les avoirs peuvent également être imposables selon la convention de double imposition en vigueur entre la Suisse et ce pays. Il est important de se renseigner auprès des autorités fiscales du pays de résidence avant d'effectuer un retrait.
Convention avec la France
En vertu de la convention fiscale franco-suisse, les prestations de prévoyance professionnelle versées à un résident français sont en principe imposables en France. Une attestation de résidence fiscale peut être nécessaire pour éviter une double imposition.
Avoirs oubliés : un problème fréquent chez les frontaliers
Les frontaliers qui ont travaillé en Suisse pour plusieurs employeurs au fil des années peuvent avoir des avoirs de libre passage éparpillés dans différentes fondations. Le déménagement dans le pays de résidence, les changements d'adresse ou simplement le temps qui passe peuvent rendre ces avoirs difficiles à retrouver.
La localisation et le rapatriement de ces avoirs est une démarche complexe qui nécessite de contacter plusieurs institutions et de constituer un dossier. C'est précisément ce que Prevalya Conseil fait pour vous, de A à Z.
Cet article est fourni à titre informatif et éducatif. Il ne constitue pas un conseil personnalisé. Les règles fiscales et les montants peuvent évoluer. Consultez un conseiller pour une analyse adaptée à votre situation.
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